TORRES Jacques

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TORRES Jacques

Genre : historique

Ouvrage présenté au salon : Une mémoire d’AlgérieOrléansville

L’auteur :
Jacques TORRES est né le 3 septembre 1940 à Orléansville.
C’est un Orléansvilllois de la sixième génération par la famille de sa mère, les Mino, et il est de la cinquième génération des Torres, originaires de Duperré.
Etudes primaires et secondaires à Orléansville, sauf 1954-55 à Blida, pour cause de séisme…
Instructeur du Plan de Scolarisation de l’Algérie puis Instituteur de 1958 à 1962 à Montenotte, Chassériau, Sobha (Charon), Carnot.
Préparation Militaire Elémentaire puis Supérieure et ensuite, volontaire dans les Unités Territoriales à Montenotte.
Interné administratif à Médjadja (Orléansville) après la révolte des généraux du 22 avril 1961.
Marié le 28 avril 1962 à Orléansville avec Andrée Brousse, institutrice. Deux enfants : Arnaud né en 1963 et Cyril né en 1967.
« Rapatrié » le 25 juin 1962.
Nommé dans La Manche, à Saint Vaast La Hougue.
Ecole d’officiers de Réserve à L’école Militaire d’Infanterie à Montpellier (ex-Cherchell). Sous-lieutenant, il obtient une affectation au 1er RIMa à Granville (Manche).
Libéré des obligations militaires, il est directeur de l’Ecole Publique de Sainte-Mère-Église où il exercera pendant 25 ans, avant de terminer sa carrière en 1996, à la direction du Groupe scolaire de Bricquebec (Manche). Il effectue en même temps quatre mandats municipaux.
Parallèlement, il participe aux activités de l’Armée de Réserve, ce qui le conduira au grade de Chef de Bataillon des Troupes de Marine en 1982. Breveté Commando en 1985 à Quelern…
Retiré à Carquebut (Manche).
Chevalier de l’Ordre National du Mérite au titre de la Défense Nationale, Croix du Combattant Volontaire Algérie, Croix du Combattant d’AFN, Médaille d’argent des services Militaires Volontaires, Commémorative Algérie, Médaille d’AFN, Médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports, Médaille d’argent régionale, départementale et communale, « Mention honorable » des Instituteurs…

Jacques Torrès, Une mémoire d’Algérie

De tous les ouvrages inspirés par la tragédie algérienne, Une mémoire d’Algérie de Jacques Torrès est certainement l’un des plus originaux. Il s’adresse à tous ceux qui, civils ou militaires d’active ou du contingent, Français métropolitains ou d’Algérie, Français de confession musulmane, à tous ceux qui ont connu cette terre de passions violentes cette « aimée et souffrante Algérie » pour reprendre le titre d’un livre de Jacques Soustelle.
Dans un précédent ouvrage consacré à Orléansville, aujourd’hui Chlef, ville chère à son cœur, en deux tomes d’une richesse d’informations et d’érudition confondantes, modèle de monographie, l’auteur avait exploré tous les aspects géographiques, historiques, économiques et sociaux de cette cité martyrisée par les forces obscures des profondeurs telluriques, le tremblement de terre du 9 septembre 1954. C’était l’année même où, quelques mois plus tard, le jour de la Toussaint, d’autres forces obscures en gestation depuis des décennies, allaient éclater, au sein des populations algériennes, dans une lutte fratricide dont les conséquences se font sentir aujourd’hui encore.
Dans Une Mémoire d’Algérie, plutôt que le monologue intérieur parfois trop réducteur, Jacques Torrès a choisi le dialogue entre deux amis qui se retrouvent quelques années après la diaspora des Français d’Algérie. Ils évoquent les joies et les peines, les folles espérances et les cruelles désillusions qui furent le lot quotidien de ceux qui vécurent ces huit années de leur jeunesse qui virent s’écrouler un monde dans la terrifiante anarchie des derniers mois de la présence séculaire de la France sur cette terre de lumière et de violences que leurs ancêtres avaient fécondée. Ils en acceptèrent l’héritage, conscients que se jouaient non seulement leur destin personnel, mais aussi celui de la nation française et de l’Europe, comme, peu de temps avant sa mort, l’avait prophétisé Albert Camus. Le jeu des questions et des réponses permet de ne rien occulter des réalités longtemps dissimulées d’une guerre rendue plus cruelle par le soubassement religieux que masquaient des revendications politiques qui n’étaient pas toutes illégitimes.
Tout est dit dans ce livre, et surtout tout est montré, pour nous rappeler, photographies à l’appui, que la bestialité dort dans l’homme et qu’elle n’attend que l’occasion propice pour jaillir en raffinements de cruauté dont les images blesseront sans doute la sensibilité de lecteurs baignant depuis trop longtemps dans un angélisme démobilisateur, gorgés de propos lénifiants et qui, oublieux de ce que nous a coûté naguère l’aveuglement volontaire, semblent ignorer que l’Histoire est tragique. Mais ce serait mal connaître Jacques Torrès que de croire qu’il se réfugie dans la nostalgie ou la délectation morose. L’élan vital de ce descendant des pionniers qui ont fait l’Algérie moderne, il le met aujourd’hui, par l’écrit et l’action, au service de cette France que son adolescence a aimée douloureusement, avec une joie de vivre qui transparaît dans l’évocation pittoresque de tranches de vie du petit peuple d’Algérie, parenthèses lumineuses d’avant le déluge, avec un talent de conteur qui n’est pas sans rappeler maintes pages du Premier Homme dans lesquelles Camus relate son enfance dans la quartier populaire de Belcourt.
Livre étonnant, à nul autre pareil, illustré de plusieurs centaines d’images, dont un grand nombre rappellera aux centaines de milliers de jeunes Français de Métropole et d’Algérie qui ont servi sous les drapeaux, cet épisode inoubliable de leur existence. Par sa diversité, son éclectisme, sa luxuriance même, cet ouvrage apparaît comme un reflet terrible et tendre à la fois, de ce que fut, pendant plus d’un siècle, cette Nouvelle France en terre d’Afrique, pleine de promesses, que le destin ou et la malignité des hommes ont fait, dans la douleur, entrer dans l’Histoire.
Jean-Louis Saint-Ygnan, Auteur-conférencier
Prix de littérature de l’Académie du Languedoc

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